par Floriane Zehr et Raphael Chevalley, 3B
Introduction
Durant cette Seconde Guerre mondiale, appelée guerre de "39 - 45", la Suisse voulant éviter les erreurs commises lors de la Précédente guerre, mit sur pied le rationnement des denrées alimentaires et produits de première nécessité ainsi que le plan appelé "plan Wahlen" (analyse ultérieure).
En effet, lors de la guerre de 14-18, les nantis s'étaient accaparés une quantité incroyable de marchandises, ceci au détriment des populations moins favorisées.(on a pu observer le même comportement lors de la guerre des 6 jours qui opposa l'état d'Israël et les états arabes dans les années 60). En raison du rationnement tardif, le prix des denrées était monté en flèche, et de fait une grande partie des habitants ne pouvait plus subvenir à ses besoins.
Les plans mis sur pied permettent à la Suisse de ne pas trop souffrir du conflit environnant, des réserves ayant été constituées. Le rationnement introduit au début novembre 1939 réglemente la distribution et la vente des produits laitiers, des légumes, viande, pain et autres denrées. La population, en fonction du nombre d'individus par famille, reçoit des cartes et des coupons appelés "tickets de rationnement" pour les produits mentionnés ci avant.
Malgré la mise en oeuvre du "plan Wahlen" visant à renforcer l'autonomie alimentaire de la Suisse, le degré d'autosubsistance du pays passe de 52 % avant son introduction à 59% en 1944. Il reste donc entre 48 et 41% du volume de nourriture à se procurer, dans une Europe à feu et à sang.
Comment faire ?
Comment s'est comportée la Suisse ?
Pour assurer l'approvisionnement des plus de 40 % cités en introduction, le commerce d'import-export est la seule possibilité et alternative et de fait est absolument vital pour la suisse.
Du fait de sa dépendance pour tout ce qui touche matières premières et de son insuffisance de répondre aux besoins de sa population, une solution ou un compromis devra être trouvé.
Ce type de commerce est donc absolument nécessaire et incontournable pour la Suisse. En effet, puisqu'elle est dépourvue de matières premières, où pourra-t-elle trouver les produits indispensables à une marche même ralentie de son économie, incapable qu'elle est d'assurer sa survie alimentaire et dépendante de l'étranger pour le débouché de ses produits.
La coupure des relations avec l'étranger risquerait de créer disette, chômage massif, et autres. C'est pourquoi le Conseil fédéral de l'époque, - composé de ministres ayant des vues divergentes sur la question de pactiser ou non avec l'Allemagne, mais semble-t-il trouve un compromis qui satisfera plus ou moins chacun. On peut remarquer que les ministres germanophones mis à part Pilet-Golaz alors président de la confédération et assez favorable à une collaboration avec les Allemands, sont plus ou moins favorables à l'Allemagne- doit engager bon nombre de pourparlers pour s'assurer que ses débouchés restent ouverts, malgré le blocus allié et le contre-blocus allemand.
Durant cette guerre économique, les négociateurs suisses disposent de 2 armes essentielles, qui furent d'ailleurs largement utilisées: la fourniture de marchandises (comportant surtout un intérêt militaire) et l'ouverture de crédits. On peut remarquer que dernièrement des sociétés ont été entendues dans le cadre des affaires qui "sortent " aujourd'hui, ont largement contribué à la guerre, en fournissant ce matériel militaire ( munitions et parties de munitions )
Il a été constaté que, au début de la guerre, la Suisse exportait indifféremment à tout pays, à l'Allemagne comme aux Alliés. Le commerce avec l'Allemagne sera reconnu vital pour la Suisse.
Ces faits sont une interprétation favorable de la neutralité économique: la Suisse a le droit de livrer des marchandises aux belligérants pour autant que ceux-ci en exportent autant en Suisse.
Cependant, la défaite et l'occupation de la France en 1941 obligent la Suisse à d'importantes concessions envers Berlin.
La Suisse étant totalement entourée par le Reich mais ne partageant pas ses valeurs morales et politiques, se doit de se créer une stratégie de survie pour ne pas être envahie, mais aussi pour ménager les susceptibilités de chacun. Peut-on dire que la diversité d'opinion au conseil fédéral favorise malgré tout et sert une stratégie de compromis. Ces moyens de survie étaient en l'occurrence d'ordre économique.
Au plus fort de sa puissance et de ses conquêtes, l'Allemagne renforce le "diktat" économique envers la Suisse. (Elle l'autorisera à traiter parcimonieusement avec l'Angleterre, tout en ne lui offrant pour certains produits, que des quantités insuffisantes). Cette dernière doit lui accorder un crédit illimité (qui se montera au total à 850 millions). De surcroît, toutes les exportations suisses par convois ferroviaires vers d'autres pays sont contrôlées par les Allemands à Genève. Enfin, elle doit exporter vers le Reich des marchandises telles que: bétail, fromages, lait et fruits pour une valeur qui atteindra 55 millions de francs à la fin de la guerre.
En échange, la Suisse est "seulement" ravitaillée avec 200'000 tonnes de charbon par mois. C'est à ce prix, et en jouant au chat et à la souris, ou si vous le voulez, en ménageant chèvre et choux, que la Suisse se sortira de ce guêpier, et non pas comme beaucoup le croyaient, grâce à son armée et au Général Guisan.
Conclusion
Nous nous rendons compte que dans ce cas là, la Suisse a plutôt un rôle de victime. Cependant, dans certains ouvrages, la Suisse est considérée comme ayant collaboré avec l'Allemagne, elle aurait acheté et recelé de l'or provenant entre autres des camps d'extermination; elle aurait ainsi prolongé la guerre.
Selon ces mêmes ouvrages, le revenu national de la Suisse aurait notamment augmenté de 3,4% entre 1941 et 1944; la guerre aurait donc été une bonne affaire pour elle.
De même, la Suisse a été le coffre-fort de l'Allemagne; elle a gardé entre autres bien précieusement cet or volé aux Juifs, les fonds que l'on qualifie aujourd'hui comme étant en déshérence.
Ces faits ont été depuis lors reconnus. Mais la question demeure posée: la Suisse a-t-elle fait preuve de connivence avec l'Allemagne, ou a-t-elle du totalement se plier, en tant que victime pressurisée, aux exigence des Allemands.
Ces questions sont toujours d'actualité. Il sera dur d'y répondre ou de trouver l'avis d'un historien assez convaincant et surtout impartial qui tienne compte de la neutralité voulue de la Suisse.
Une grande question se pose aujourd'hui,
Dans le contexte de la guerre, en 1939, ne sachant pas qui sera les vainqueurs, et victimes de chaque camps de propagande mensongère, et qui cherche aussi à déstabiliser, avec un conseil fédéral partagé,
Q'AURIEZ VOUS FAIT, COMMENT AURIEZ VOUS AGI ?
Ceci n'est pas une apologie du comportement de la Suisse de l'époque, mais avant de juger, posons nous cette question ; c'est ainsi que nous voulons terminer cet exposé, car cette question en fait aussi partie; si vous ne le jugiez pas ainsi, votre appréciation serait partiale.
Document à analyser
Cette affiche de propagande pour le Plan Wahlen semble déchirée en deux. D'un côté, nous observons un homme qui est en train de retourner un sol sans végétation quelconque qui a l'air plutôt sec, à l'aide d'une bêche, son visage a l'air de vouloir nous dire :"je dois bêcher, je dois bêcher, il fait chaud, aller plus vite, aller plus vite, autrement je crève, je deviendrai comme l'image d'a côté, je redeviendrai poussière... Le texte signifie: "Plus cultiver, ou avoir faim." La Suisse avait donc le choix entre envoyer des hommes pour travailler dans les champs, ou souffrir de la faim.
Plan Wahlen: retournez, déboisez, semez !
La mise en oeuvre du Plan Wahlen, du nom de son initiateur Friedrich Traugott Wahlen, professeur à l'EPF de Zürich, démarre au printemps 1941. Il vise à renforcer l'autonomie alimentaire du pays. Son principe est simple: tout sol exploitable doit être affecté à des cultures. On laboure et ensemence les terrains de sport et les parcs publics; on abat les buissons, les haies, les arbres d'ornement gênants; des terres sont gagnées sur les marais, des forêts défrichées dans les régions basses. Des pommes de terre seront ainsi cultivées en plein Zürich.
Dans ses conférences, F.T. Wahlen condamne la spécialisation agricole et se fait le plaidoyer de l'autosubsistance, garante d'une agriculture équilibrée. En période de guerre, la beauté du paysage doit être sacrifiée à l'indépendance du pays, répond-il au milieux de protection de la nature.
En avant pour la bataille des champs !
Les paysans ne bénéficient pas seulement de subventions très importantes, mais aussi de l'aide de nombreux travailleurs. Un Office central d'affectation de la main-duvre dirige les chômeurs et travailleurs disponibles vers l'agriculture; par ailleurs, de très nombreux volontaires citadins viennent prêter main-forte aux paysans.
Le programme d'extension des cultures est accompagné de vastes campagnes de propagande: les affiches célèbrent le paysan-soldat, éternel garant de la liberté suisse, et exaltent les temps anciens et pré-industriels dans la lignée du conservatisme de l'entre-deux guerres. En invitant les citadins et les ouvriers à participer aux travaux des champs, on parvient ainsi à combler le fossé villes-campagnes, qui était l'un des buts idéologiques de ce monsieur Wahlen.
Les paysans qu'on ne montre pas
Cependant, le Plan Wahlen se heurte à de sérieuses résistances dans certains milieux agricoles. Les paysans de montagne tout spécialement, ne sont guère enclins à transformer leurs pâturages en champs de patates ou de légumes. Le relief, le terrain, le climat s'y prêtent mal. Ils se plieront pourtant aux exigences des inspecteurs fédéraux, à l'exception de quelques "irréductibles".
Pour ces paysans, la mise en uvre du Plan Wahlen est particulièrement éprouvante, ils utilisent la plupart du temps des outils qu'ils ne connaissent pas ou peu, sur des pentes abruptes. Pour 58% d'entre eux, ils ne possédaient ni chevaux ni tracteurs.
Ces cas de résistance ouverte ou cachée n'apparaissent pas la plupart du temps dans la presse illustrée, qui n'offre que des scènes idylliques où les citadins s'initient aux travaux des champs et fraternisent avec des paysans vigoureux.
Le bilan alimentaire du Plan Wahlen et paradoxe
Le résultat le plus évident du Plan Wahlen est le doublement des surfaces cultivées: de 187 478 hectares avant la guerre, elles atteignent 355 000 hectares en 1945. Cet effort ne sera de loin pas suffisant pour assurer l'indépendance alimentaire de notre pays. De 52% en 1939, le degré d'autosubsistance alimentaire atteint seulement 59% en 1944.
Pour le paradoxe, on peut s'étonner que d'un côté on prêche l'autosuffisance alimentaire et de l'autre côté pour assurer cette autosuffisance on importe des quantités importantes d'engrais et de semences.
Selon des critiques contemporains, le plan Wahlen a eu plus d'impact sur le plan psychologique que sur le plan alimentaire du pays.
Bibliographie
- Histoire générale, de 1789 à nos jours. G.-A. Chevallaz, Payot, Lausanne, 1974
- Histoire de la Suisse, J.-C. Fragnière, Fribourg, 1987
- Du réduit à louverture, la Suisse de 1940-1949, éditions Eiselé, Lausanne, 1995
- Lor des nazis, Werner Rings, Payot, Lausanne, 1985
- Le rôle de la Suisse pendant la Seconde Guerre Mondiale, Séminaire de lassociation Suisse de politique étrangère du 5 avril 1997, Offendruckerei, Zurich, 1997
mis sur Internet: 4.3.1999